Agripaume cardiaque : recherche phytochimique et psychotrope d’extraits secs modifiés
Source : PMCID PMC7911030 — Plants (2021), DOI 10.3390/plants10020230 Type : Étude phytochimique et pharmacologique (analyse chimique + tests comportementaux chez l’animal)
Objectif
Étudier la composition chimique et l’activité pharmacologique d’extraits secs de teinture d’agripaume cardiaque (Leonurus cardiaca L.) modifiés par l’ajout de petites quantités d’acides aminés, dans la perspective de créer un médicament à activité psychotrope (anxiolytique).
Méthodes
Des extraits secs ont été préparés à partir de la teinture d’agripaume, puis modifiés en ajoutant de faibles quantités d’arginine, valine, phénylalanine, glycine, lysine et alanine. La composition en composés phénoliques a été analysée. L’activité anxiolytique a été évaluée sur des modèles animaux (études comportementales de l’anxiété).
Résultats
Au total, 15 principaux composés phénoliques ont été détectés dans les extraits, dont 8 identifiés. Dix acides hydroxycinnamiques étaient présents, dont trois identifiés : acides chlorogénique, caféique et rosmarinique. Les acides hydroxycinnamiques dominants étaient les acides chlorogénique et caféique. Parmi les flavonoïdes ont été identifiés la catéchine, l’hypéroside et la rutine. Les extraits présentaient une teneur notable en acide ellagique.
La composition en composés phénoliques ne différait pas significativement d’un extrait modifié à l’autre : les principales différences tenaient aux acides aminés ajoutés, qui semblent influencer l’effet pharmacologique global. Les extraits ont montré une activité anxiolytique chez l’animal. Les extraits additionnés de glycine, de valine et d’arginine ont été les plus efficaces pour réduire l’anxiété.
Conclusion
Les extraits secs d’agripaume modifiés par des acides aminés présentent une activité anxiolytique chez l’animal. La composition phénolique restant globalement stable, ce sont les acides aminés ajoutés (glycine, valine, arginine en tête) qui paraissent moduler l’effet. Les auteurs y voient une piste pour développer un médicament à visée psychotrope, sans que l’efficacité chez l’humain n’ait été démontrée dans cette étude.