Airelle myrtille — amélioration de la néphropathie diabétique via les métabolites et le microbiote intestinal (rat)
Source : PMC12011793 — Frontiers in Pharmacology 2025 — Étude expérimentale in vivo (rat) et in vitro (cellules)
Objectif
La néphropathie diabétique (ND) est une complication grave et fréquente du diabète, à mortalité élevée. La myrtille (Vaccinium myrtillus L.), riche en anthocyanes, est réputée pour ses effets bénéfiques sur les maladies métaboliques, mais son action anti-ND n’avait pas été étudiée en profondeur. L’étude vise à évaluer l’effet et le mécanisme d’un extrait de myrtille (VCE) sur la néphropathie diabétique, in vivo et in vitro.
Méthodes
Modèle de ND chez le rat induit par streptozotocine (STZ) + régime hyperlipidique. Groupes : témoin ; modèle ; empagliflozine 3,5 mg/kg (contrôle positif) ; VCE à 54, 162 et 486 mg/kg. Traitement par gavage quotidien pendant 8 semaines. Évaluations : marqueurs biochimiques, histopathologie (H&E, PAS, immunohistochimie néphrine/podocalyxine), séquençage 16S du microbiote et métabolomique sérique non ciblée. In vitro : modèle de lésion de podocytes induite par les produits de glycation avancée (AGE) pour identifier les composés actifs et le mécanisme.
Résultats
Après 8 semaines, le VCE a significativement amélioré l’insulinorésistance, le métabolisme lipidique (baisse du LDL), le stress oxydatif et la réponse inflammatoire. Il a réduit la protéine sérique glyquée (GSP), le LDH, le MDA, la CRP, l’IL-6 et l’IL-1β, et augmenté SOD, GSH-Px et HO-1. En revanche, la glycémie (GLU) n’a pas été significativement modifiée, de même que le HDL, le cholestérol total et le poids corporel (résultats sans effet significatif). Les marqueurs d’atteinte rénale (albuminurie, UA, NAG, KIM-1, β2-microglobuline) et les lésions histologiques ont été améliorés, surtout à forte dose (486 mg/kg). Le VCE a modulé le microbiote intestinal : il a inversé l’augmentation de Lactobacillus et Bifidobacterium et accru Ruminococcus, et corrigé le rapport Firmicutes/Bacteroidetes. La métabolomique a montré une restauration de métabolites sériques, notamment l’uridine et la phénylacétylglycine. In vitro, le VCE et ses anthocyanes (pétunidine-3-O-glucoside, malvidine-3-O-glucoside, cyanidine-3-O-arabinoside) ont réduit LDH, IL-6 et TNF-α et inhibé la voie MAPK/NF-κB (p38-MAPK, IκBα, IKKβ, NF-κB) dans les podocytes. L’uridine seule a également réduit le LDH, les ROS mitochondriaux et l’apoptose.
Conclusion
L’amélioration du microbiote intestinal et de la fonction métabolique paraît liée au potentiel anti-ND du VCE, dont le mécanisme sous-jacent passerait au moins en partie par l’inhibition de la voie MAPK/NF-κB. Étude préclinique (rat + cellules) : ces données ne préjugent pas d’un effet chez l’humain et appellent des essais cliniques.