Airelle myrtille — anaphylaxie induite par la myrtille chez un enfant sensibilisé aux LTP
Source : PMC10664712 — Journal of Asthma and Allergy 2023 — Cas clinique (donnée de sécurité / allergie)
Objectif
Rapporter, pour la première fois dans la population chinoise, un cas d’anaphylaxie sévère induite par la myrtille (Vaccinium myrtillus, « blueberry »), en identifiant l’allergène en cause. Les fruits sont les principaux déclencheurs d’anaphylaxie chez l’enfant plus âgé en Chine, en particulier chez les sujets sensibilisés aux pollens ; l’allergie à la myrtille est extrêmement rare.
Méthodes / Présentation du cas
Fillette de 12 ans, adressée en avril 2023 après un épisode de bouffées vasomotrices, urticaire, vomissements, malaise et syncope survenu dans les 30 minutes suivant un petit-déjeuner (lait, œuf, pain de blé et myrtille), pendant qu’elle marchait vers l’école. À l’admission : hypotension (89/52 mmHg). Récupération complète en 24 h après adrénaline et remplissage. Elle était menstruée lors de l’épisode. Six mois plus tôt (octobre 2022), épisode similaire lors d’une marche rapide, aliments non identifiés. Antécédents de rhinoconjonctivite pollinique depuis l’âge de 5 ans. IgE spécifiques (ImmunoCAP) et prick-tests réalisés.
Résultats
Sensibilisation à plusieurs pollens : houblon japonais (74,3 kUA/L), armoise (26,5 kUA/L). IgE spécifiques négatives pour les aliments courants (soja, œuf, lait, blé, arachide, crabe, crevette). Sensibilisation aux composants LTP (protéines de transfert lipidique) : armoise Art v 3 (79,7 kUA/L), blé Tri a 14, pêche Pru p 3 (2,15 kUA/L) ; oméga-5 gliadine négative. Prick-tests positifs pour la myrtille (papule 9,5 mm), la cerise (6,5 mm), le kiwi (6 mm) et la poire (4,5 mm). Aucun test de provocation n’a été réalisé (raisons éthiques et de sécurité, forte suspicion clinique). Discussion : les allergies aux LTP tendent à être plus sévères et sont une cause majeure d’anaphylaxie alimentaire ; plusieurs cofacteurs étaient présents chez cette patiente — effort physique (marche rapide), menstruations (rôle possible des hormones sexuelles, anaphylaxie cataméniale) et saison pollinique. La patiente a reçu un stylo d’adrénaline et un conseil d’éviction des fruits concernés ; aucun nouvel épisode après 4 mois de suivi.
Conclusion
Premier cas rapporté, chez un enfant chinois, d’anaphylaxie immédiate IgE-médiée à la myrtille, vraisemblablement attribuable à une sensibilisation aux LTP. Donnée de sécurité importante : bien qu’exceptionnelle, la myrtille peut déclencher une anaphylaxie sévère, en particulier chez les sujets sensibilisés aux LTP et aux pollens, et en présence de cofacteurs (effort, menstruations, saison pollinique).