Airelle myrtille — mécanisme moléculaire de protection contre le stress oxydatif dans les cellules intestinales (métabolomique)
Source : PMC11906781 — Scientific Reports 2025 — Étude in vitro (cellules intestinales IEC-6) et analyse métabolomique
Objectif
Élucider, au niveau biochimique et métabolique, le mécanisme protecteur d’un extrait de myrtille (Vaccinium myrtillus L.), noté BLUBE, contre le stress oxydatif dans des cellules épithéliales de l’intestin grêle.
Méthodes
Stress oxydatif induit par le peroxyde d’hydrogène (H₂O₂) sur des cellules IEC-6 d’intestin grêle de rat. Caractérisation de l’extrait par UHPLC-PDA-ESI-Orbitrap-MS/MS ; capacité antioxydante in vitro par DPPH, FRAP et ABTS ; chélation des métaux. Paramètres cellulaires : viabilité (MTT), noyaux hypodiploïdes (iodure de propidium), ROS (DCFH-DA), espèces réactives azotées/NO (DAF-FM), cicatrisation (scratch test), potentiel clonogène, réorganisation des fibres de stress d’actine. Analyse métabolomique par spectrométrie de masse haute résolution (HR-MS) avec approches chimiométriques (correction des effets de lot, modèle PLS-DA).
Résultats
Composition : extrait riche en acides phénoliques, flavonoïdes et anthocyanes ; teneur en phénols totaux 86,66 mg GAE/g, flavonoïdes 31,06 mg RE/g. Composés majeurs : dimère d’acide chlorogénique (57,91 mg/g, le plus abondant), caféoyl-hexose (18,10 mg/g), delphinidine hexoside (4,22 mg/g), quercétine hexoside (4,49 mg/g). Antioxydant in vitro : DPPH TEAC 469,53 mg TXE/g, ABTS 409,68 mg TXE/g, FRAP 2,95 mg TXE/g dw ; chélation du fer, du zinc et du cuivre. En cellules : l’extrait (6–200 µg/mL) n’était pas cytotoxique. Le H₂O₂ (300 µM) a réduit la viabilité à 18,76 %, remontée à 68,30 % avec BLUBE (50 µg/mL). Les noyaux hypodiploïdes (fragmentation nucléaire) sont passés de 41,65 % (H₂O₂) à 26,34 % avec BLUBE. Les ROS ont été réduits de 44,08 % à 30,55 % ; le NO (stress nitrosatif) de 53,77 % à 29,15 %. BLUBE a amélioré la cicatrisation et le potentiel clonogène, et restauré l’organisation normale des fibres d’actine altérée par le H₂O₂. La métabolomique (précision de classification 98,75 %) a montré une modulation significative de voies clés : métabolisme des sphingolipides, de la taurine/hypotaurine, des glycérophospholipides, de la cystéine/méthionine ; BLUBE a partiellement inversé la sous-régulation de ces voies.
Conclusion
L’extrait de myrtille exerce in vitro une protection antioxydante et cytoprotectrice sur les cellules intestinales soumises au stress oxydatif, en neutralisant ROS et NO, en favorisant la survie et la régénération cellulaires, et en modulant plusieurs voies métaboliques (notamment sphingolipides et taurine). Étude in vitro : ces résultats mécanistiques ne préjugent pas d’un effet clinique.