Airelle rouge — l’extrait de peau prévient la prise de poids et l’hyperglycémie (obésité induite par régime gras, souris)

Source : PMC11243352 — Nutrients, 2024. DOI : 10.3390/nu16132107 Type : étude expérimentale in vivo (modèle murin d’obésité induite par régime gras)

Objectif

Évaluer les effets métaboliques d’un extrait de peau d’airelle rouge (Vaccinium vitis-idaea L.), préparé à partir du marc (tourteau de pressage) issu de la production de jus, dans un modèle d’obésité induite par régime riche en graisses chez la souris. L’objectif était aussi d’explorer la valorisation d’un sous-produit de l’industrie du jus de baies.

Méthodes

Des souris mâles C57BL/6N âgées de 8 semaines ont été réparties en trois groupes de douze. Un groupe recevait un régime pauvre en graisses (LF, 10 % de l’énergie sous forme de lipides) et deux groupes un régime riche en graisses (HF, 46 % de l’énergie sous forme de lipides) pendant six semaines. Chaque jour ouvré, les animaux recevaient par voie intragastrique soit le véhicule (groupes LF et HF), soit l’extrait de peau d’airelle rouge (groupe HF + LSE, 8,5 µL/g de poids corporel). L’extrait a été préparé à partir du marc séché (fraction peau, après retrait des graines) par extraction à l’éthanol 28 % à 120 °C pendant 60 min ; sa composition phénolique a été analysée par HPLC. Un test de tolérance au glucose intrapéritonéal (IPGTT) a été réalisé à la cinquième semaine. Glucose, insuline, cholestérol, triglycérides et adipokines (adiponectine, leptine, résistine) ont été dosés, et l’indice HOMA-IR calculé.

Résultats

L’extrait contenait des proanthocyanidines (1,19 mg/mL), de la quercétine et ses glycosides (0,04 mg/mL), des anthocyanes (0,46 µg/mL), de l’acide benzoïque (0,31 mg/mL) et des traces d’acides protocatéchique, chlorogénique, cinnamique et p-coumarique ; phénols totaux 2,66 mg/mL, capacité antioxydante (ORAC) 39,76 µmol TE/mL.

Le régime HF a fait significativement augmenter le poids par rapport au régime LF (p < 0,001). La supplémentation en extrait de peau a partiellement empêché cette prise de poids : au terme de l’étude, 30,5 g (HF), 28,3 g (HF + LSE) et 26,0 g (LF), différence HF vs HF + LSE significative (p < 0,05). La masse de graisse épididymaire, augmentée par le régime HF, était significativement plus basse dans le groupe HF + LSE (1,3 g vs 1,6 g ; p < 0,05). La consommation alimentaire ne différait pas entre les groupes.

L’extrait a empêché l’élévation de la glycémie à jeun induite par le régime HF (8,9 mmol/L pour HF + LSE vs 10,5 mmol/L pour HF ; p < 0,05), ramenée au niveau du groupe LF. En revanche, il n’y avait pas de différence significative d’insuline à jeun entre HF et HF + LSE, et la baisse du HOMA-IR (8,1 vs 9,8) n’était qu’une tendance non significative. Au test IPGTT, l’extrait n’a pas modifié le pic de glycémie à 30 min, mais le retour aux valeurs de base était plus rapide dans le groupe HF + LSE (p < 0,05 à 60 min, p < 0,01 à 120 et 180 min), indiquant une intolérance au glucose moins sévère.

Résultats négatifs : l’extrait n’a eu aucun effet sur le cholestérol ni sur les triglycérides, ni sur les adipokines (adiponectine, leptine, résistine). Les auteurs attribuent en partie l’absence d’effet sur les lipides au retrait des graines (huile de graines riche en acides gras insaturés) avant préparation de l’extrait.

Conclusion

L’extrait de peau d’airelle rouge prévient partiellement la prise de poids, l’accumulation de graisse viscérale et l’élévation de la glycémie à jeun, et atténue l’intolérance au glucose, mais sans effet sur les lipides sanguins ni les adipokines. Les résultats prolongent les données antérieures sur les effets métaboliques bénéfiques de l’airelle et soutiennent la valorisation des sous-produits de la filière jus. Des études supplémentaires, y compris cliniques, sont nécessaires.