Extraits polaires des fruits d’androsème (Hypericum androsaemum) : un ingrédient prometteur pour les formulations de soin cutané
Source : Antognoni F, Lianza M, Poli F, et al. Journal of Ethnopharmacology, 4 janvier 2017 ; 195:255-265. DOI : 10.1016/j.jep.2016.11.029 — PMID : 27864112 — Type : étude expérimentale in vitro (abstract seul).
Objectif
Les parties aériennes fleuries des espèces d’Hypericum sont traditionnellement utilisées pour préparer des onguents cicatrisant coupures et brûlures ; les fruits le sont parfois aussi. L’androsème (« tutsan » ou millepertuis arbustif), plante médicinale méditerranéenne, a traditionnellement servi à préparer un onguent pour traiter coupures et plaies. L’étude visait à évaluer les extraits des baies rouges d’H. androsaemum comme ingrédients fonctionnels pour des formulations de soin de la peau.
Méthodes
L’extrait méthanolique a été obtenu par extraction Soxhlet et l’extrait aqueux par décoction ; leur composition a été déterminée par HPLC. Les activités biologiques ont été mesurées via la prolifération et la migration de fibroblastes humains, l’inhibition de l’activité collagénase et les effets immunomodulateurs sur des cellules mononucléées du sang périphérique (PBMC). La photostabilité a été évaluée par spectroscopie UV, et l’effet protecteur contre l’hémolyse induite par l’AAPH dans les globules rouges.
Résultats
Les extraits polaires contenaient d’importantes quantités d’acide shikimique (108 143,7–115 901,3 mg/kg) et d’acides chlorogéniques (45 781,1–57 002,7 mg/kg). Leurs principaux composants ont contribué de façon significative à une augmentation de la migration des fibroblastes humains. Les deux extraits étaient également actifs comme inhibiteurs de la collagénase, l’extrait aqueux montrant la plus grande capacité inhibitrice (IC50 de 88,1 µg/mL, proche de celle de l’acide chlorogénique), selon un mécanisme d’inhibition non compétitif. L’extrait méthanolique a exercé des effets notables sur les PBMC en modulant l’IL-6. Les deux extraits se sont révélés photostables dans la gamme UVA/UVB et ont protégé les globules rouges de la peroxydation à faibles concentrations.
Conclusion
Les baies rouges d’androsème contiennent des phytoconstituants qui améliorent la régénération cutanée, ce qui les rend potentiellement utilisables dans des formulations de soin de la peau. Résultat in vitro.