Aristoloche à feuilles rondes — néphrotoxicité d’Aristolochia rotunda chez le rat : la mitochondrie comme cible de la toxicité rénale des plantes contenant des acides aristolochiques (2023)
Source : PMID 38027649 · Étude in vivo · (abstract seul)
Objectif
Ces dernières années, le recours à la médecine traditionnelle et aux traitements par les plantes s’est développé. Cependant, l’idée reçue qu’ils seraient totalement inoffensifs a entraîné des complications et des dommages irréversibles. La présente étude a été menée pour évaluer la toxicité rénale potentielle d’une drogue couramment employée dans la médecine et la pharmacie traditionnelles iraniennes, connue sous les noms de Zaravand Gerd ou Nokhod Alvand (Aristolochia rotunda L.). Dans la médecine traditionnelle iranienne, le Zaravand Gerd est utilisé comme remède contre les affections du système respiratoire, les douleurs dorsales, l’anxiété, les maux de tête et les plaies infectées.
Méthodes
Cinquante-six rats mâles ont été répartis en sept groupes (n = 8). Le premier groupe servait de témoin et recevait du sérum physiologique, tandis que les groupes deux à sept recevaient des doses variables de l’extrait aqueux de Zaravand Gerd (0,1 ; 0,5 ; 1,25 ; 2,5 et 5 g/kg) pendant trois semaines. Divers paramètres ont été mesurés pour évaluer les lésions rénales potentielles causées par l’extrait : créatinine sérique, urée sanguine (BUN), ainsi que protéinurie et glycosurie, analysées par autoanalyseur. Des échantillons de tissu rénal ont en outre été examinés au plan anatomopathologique, et des mitochondries ont été isolées du tissu rénal pour en évaluer les paramètres.
Résultats
Les fortes doses d’extrait de Zaravand Gerd ont entraîné une augmentation significative de l’excrétion urinaire de glucose et de protéines par rapport au groupe témoin. L’examen anatomopathologique des tissus rénaux a montré que les concentrations de 2,5 et 5 g/kg d’extrait provoquaient des lésions rénales et une dilatation des tubules contournés proximaux. De plus, les fortes doses (2,5 et 5 g/kg) endommageaient les mitochondries.
Conclusion
L’administration de fortes doses d’extrait de Zaravand Gerd, qui ne sont pas couramment utilisées en médecine traditionnelle, peut avoir des effets toxiques sur les reins chez le rat, pris comme modèle animal. Ces résultats soulignent l’importance de prendre en compte les risques potentiels associés aux médicaments à base de plantes et la nécessité d’un usage fondé sur des preuves scientifiques.