Armoise annuelle — pouvoir anticancéreux d’Artemisia annua : revue systématique préclinique (2026)

Source PMID 42376075 · Type revue systématique · (abstract seul)

Objectif

Le cancer demeure un défi de santé majeur à l’échelle mondiale, et l’efficacité des traitements est souvent limitée par la résistance aux thérapies conventionnelles et leurs toxicités. Ces limites ont intensifié l’exploration de stratégies alternatives, notamment de composés naturels à potentiel antitumoral tels qu’Artemisia annua (AA). Cette revue visait à évaluer systématiquement l’efficacité antitumorale et les mécanismes d’action des extraits et dérivés d’AA dans des modèles animaux précliniques.

Méthodes

Une recherche structurée de la littérature a été menée dans PubMed, Scopus et Web of Science pour les études publiées entre 2019 et août 2025, selon les recommandations PRISMA 2020, avec un protocole enregistré de manière prospective dans PROSPERO (CRD420251113840). Étaient éligibles les investigations originales in vivo rapportant l’activité anticancéreuse d’AA ou de ses dérivés.

Résultats

Sur les 176 références initialement identifiées, 21 ont fait l’objet d’une lecture en texte intégral, et sept études répondaient aux critères d’inclusion pour la synthèse. Parmi elles, six études sur sept (86 %) rapportaient des réductions mesurables de la taille ou du volume tumoral, et quatre documentaient une induction de l’apoptose. Les mécanismes additionnels comprenaient l’inhibition de l’angiogenèse et l’activation de la ferroptose. La dihydroartémisinine était le dérivé le plus fréquemment étudié, tandis que des composés nouveaux comme le ZQJ29 montraient aussi une activité prometteuse. Fait important, aucune toxicité systémique notable n’a été rapportée aux doses administrées parmi les sept études in vivo incluses. Ce constat ne reflète que les données disponibles dans ces sept études et suggère un profil de sécurité potentiellement favorable ; la possibilité de toxicités dose- ou schéma-dépendantes rapportées ailleurs dans la littérature n’est pas exclue, et des études plus complètes sont nécessaires pour le confirmer.

Conclusion

Cette revue est la première à consolider les données précliniques récentes mettant en avant la ferroptose comme l’un des mécanismes clés des dérivés d’AA, élargissant la compréhension de leur activité anticancéreuse multiple. Dans l’ensemble, les résultats soulignent la promesse thérapeutique des dérivés d’AA et plaident pour de nouvelles recherches sur leur pharmacocinétique, leur sécurité et leur intégration à des thérapies établies. Ces composés présentent un potentiel significatif comme adjuvants ou alternatives dans la prise en charge du cancer et justifient une évaluation rigoureuse en essais cliniques standardisés.