Artichaut — la cynarine (dérivé d’acide caféoylquinique) inhibe la libération exocytotique de glutamate des synaptosomes corticaux de rat (2023)

Source : PMID 37164158 · étude in vitro · (abstract seul)

Objectif

Cette étude avait pour but d’évaluer l’effet de la cynarine, un dérivé d’acide caféoylquinique présent dans l’artichaut, sur la libération de glutamate déclenchée par la 4-aminopyridine (4-AP) dans des terminaisons nerveuses corticales de rat (synaptosomes).

Méthodes

Les auteurs ont mesuré la libération de glutamate évoquée par la 4-AP en présence de cynarine, en modulant les conditions expérimentales : retrait du Ca²⁺ libre externe par l’EGTA, blocage des canaux calciques de type P/Q par l’ω-agatoxine IVA, docking moléculaire, mesure de la libération de FM1-43 et du glutamate évoqué par le saccharose hypertonique, ainsi que suppression de la protéine kinase A (PKA) et analyse de la phosphorylation de la synapsine I et de SNAP-25.

Résultats

La cynarine a diminué la libération de glutamate évoquée par la 4-aminopyridine, effet empêché par le retrait du Ca²⁺ libre externe (EGTA) ou le blocage des canaux calciques de type P/Q (ω-agatoxine IVA). Le docking moléculaire a révélé que la cynarine formait une liaison hydrogène avec le canal Ca²⁺ de type P/Q, indiquant un mécanisme impliquant l’inhibition de l’entrée de Ca²⁺. L’effet inhibiteur de la cynarine sur la libération de glutamate est associé à une modification des vésicules synaptiques disponibles, la cynarine diminuant la libération de FM1-43 évoquée par la 4-AP ou celle de glutamate évoquée par le saccharose hypertonique. De plus, la suppression de la PKA a empêché l’effet de la cynarine. La phosphorylation de la PKA et de la synapsine I ou de SNAP-25 sur des résidus spécifiques de la PKA, évoquée par la 4-AP, a également été atténuée par la cynarine.

Conclusion

Ces données indiquent que la cynarine, via la suppression des canaux Ca²⁺ de type P/Q, inhibe l’activation de la PKA et atténue la phosphorylation de la synapsine I et de SNAP-25 sur des résidus spécifiques de la PKA, réduisant ainsi la disponibilité des vésicules synaptiques et contribuant à l’inhibition de la libération de glutamate dans les terminaisons du cortex cérébral.