Aspérule odorante — analyse complète des produits naturels de Galium odoratum, avec focus sur la formation de la coumarine lors du séchage (2025)

Source : PMID 40122276 · Phytochimie · (abstract seul)

Objectif : Les variations des teneurs en coumarine et en ses précurseurs ont été suivies au cours du séchage post-récolte de Galium odoratum (L.) Scop. (Rubiacées), afin d’apporter un appui scientifique à la préparation traditionnelle du « Maibowle » (boisson alcoolisée à base de vin blanc, de vin mousseux et de pousses de G. odoratum, parfois accompagnées d’autres ingrédients) en Allemagne, laquelle implique un pré-séchage de l’herbe fraîchement récoltée pendant deux à 24 h.

Méthodes : Les teneurs en coumarine, cis-mélilotoside et trans-mélilotoside dans G. odoratum ont été déterminées sur une période de 72 h après récolte, par analyse quantitative UHPLC-DAD.

Résultats : Le séchage était achevé après 48 h, aucune perte de poids supplémentaire du matériel végétal n’étant ensuite détectable. Durant cette période de 48 h, le trans-mélilotoside a semblé s’isomériser progressivement en cis-mélilotoside. Pour la première fois, les auteurs ont démontré que la coumarine diminue durant le séchage par sublimation, ce qui soutient l’emploi de matériel frais ou minimalement séché à l’air dans les recettes traditionnelles à durées de séchage spécifiques. Ont été isolés pour la première fois à partir de G. odoratum : les glycosides de flavonoïdes quercétine 3-O-[α-L-rhamnosyl-(1→6)-β-D-glucosyl]-7-O-β-D-glucoside (12) et kaempférol 3-O-[α-L-rhamnosyl-(1→6)-β-D-glucosyl]-7-O-β-D-glucoside (13), ainsi que les précurseurs de la coumarine cis-mélilotoside (9) et trans-mélilotoside (10). Ont par ailleurs été isolés d’un extrait méthanolique les composés déjà connus de cette espèce : monotropéine (1), acide géniposidique (2), scandoside (3), acide asperulosidique (4), désacétylasperuloside (5), asperuloside (6), acide 3-O-caféoylquinique (acide néochlorogénique, 7) et acide 5-O-caféoylquinique (acide chlorogénique, 8).

Conclusion : La réduction de la coumarine au cours des périodes de séchage prolongé s’explique par sa sublimation, résultat démontré ici pour la première fois.