Aulne blanc — profil chimique et activité anticancéreuse de la fraction dichlorométhane d’Alnus incana sur des cellules HeLa (arrêt du cycle cellulaire et apoptose) (2025)
Source : PMID 40420175 · Étude in vitro · (abstract seul)
Objectif
Le cancer du col de l’utérus demeure un défi de santé mondial, avec une incidence et une mortalité toujours élevées malgré les progrès des traitements conventionnels. Le potentiel thérapeutique des produits naturels suscite l’intérêt, notamment pour leur cytotoxicité sélective et leur capacité à moduler les voies du cancer. Alnus incana (L.) Moench, espèce riche en composés bioactifs, présente un potentiel anticancéreux, mais les effets cytotoxiques de l’extrait dichlorométhane (DCM) de ses feuilles restent peu étudiés. L’étude évalue la cytotoxicité de la fraction DCM sur diverses lignées cancéreuses, en se concentrant sur les cellules HeLa.
Méthodes
La cytotoxicité de la fraction DCM d’A. incana a été évaluée de façon dose-dépendante par le test MTT sur plusieurs lignées cancéreuses, en particulier les cellules HeLa. La cytométrie en flux a servi à évaluer l’arrêt du cycle cellulaire et l’apoptose, tandis que la RT-qPCR a quantifié les variations d’expression des marqueurs apoptotiques (Bax, Bcl-2 et p53). L’analyse de la composition chimique a été réalisée par GC-MS/FID pour identifier les principaux composés bioactifs.
Résultats
La fraction DCM a montré une cytotoxicité dose-dépendante sur les cellules HeLa, avec une CI50 de 135,6 µg/ml et un indice de sélectivité de 2,72 par rapport aux cellules normales. La cytométrie en flux a révélé un arrêt du cycle en phase G0/G1, entravant significativement la progression en phases S et G2/M. On notait aussi une hausse marquée des populations de cellules en apoptose précoce et tardive, corrélée à la surexpression des gènes pro-apoptotiques (Bax et p53) et à la sous-expression du gène anti-apoptotique Bcl-2. L’analyse chimique a identifié 22 composés dans la fraction insaponifiable, principalement des terpénoïdes comme le phytol (65,74 %). La fraction saponifiable présentait un équilibre entre acides gras saturés (48,69 %) et insaturés (51,29 %), avec les acides palmitique, linolénique et linoléique comme composés prédominants.
Conclusion
Bien que la CI50 relativement élevée puisse limiter l’usage de la fraction DCM en traitement autonome, sa capacité à induire l’arrêt du cycle cellulaire et l’apoptose en fait un agent co-thérapeutique prometteur en association avec les médicaments anticancéreux conventionnels. D’autres recherches sont nécessaires pour élucider ses mécanismes et évaluer son efficacité en thérapies combinées.