Activité cytotoxique de l’hirsutanone, un diarylheptanoïde isolé des feuilles d’Alnus glutinosa

Référence : Phytomedicine 2014. — PMID 24581747 · DOI 10.1016/j.phymed.2014.01.008 Type : etude in vitro · Plante : Aulne glutineux · Propriété → Cancer Accès : abstract seul (PubMed) → résumé traduit Fidélité : traduction fidèle de l’abstract. Appels [n] omis.


Résumé

CONTEXTE : La faible efficacité de la thérapie anticancéreuse pour le traitement des patients atteints de maladie avancée rend nécessaire le développement de nouveaux agents anticancéreux. Les produits naturels étant une source importante de médicaments anticancéreux, il est important d’explorer l’activité cytotoxique de nouveaux composés d’origine naturelle.

OBJECTIF : Le but de ce travail est d’évaluer la capacité cytotoxique de l’hirsutanone, un diarylheptanoïde isolé des feuilles d’Alnus glutinosa. Le mode d’action cytotoxique de l’hirsutanone a également été étudié.

MATÉRIEL ET MÉTHODES : La capacité cytotoxique de l’extrait à l’acétate d’éthyle des feuilles d’Alnus glutinosa a été étudiée sur les lignées cellulaires HeLa et PC-3, avec le test colorimétrique MTT. L’hirsutanone a été isolée de cet extrait par des méthodes chromatographiques, et sa structure élucidée par analyse spectroscopique. La viabilité des cellules HT-29 après traitement par l’hirsutanone a été déterminée à l’aide du test SRB. Afin de comprendre le mode d’action de l’hirsutanone, la cytotoxicité a été évaluée en ajoutant le diarylheptanoïde et des antioxydants. L’activité de poison de l’ADN topoisomérase II (topo II) a également été évaluée en utilisant de la topo II purifiée et une forme surenroulée d’ADN portant une région spécifique de reconnaissance et de liaison de la topo II ; les poisons de la topo II stabilisent les complexes de clivage ADN-topo II normalement transitoires, et conduisent à un rendement accru de forme linéaire en conséquence d’un défaut de recollement des cassures double brin.

RÉSULTATS : Le diarylheptanoïde hirsutanone a été isolé d’un extrait de feuilles d’Alnus glutinosa (L.) Gaertn. (Betulaceae) qui a montré une activité cytotoxique contre les lignées cellulaires PC-3 et HeLa. L’hirsutanone a montré une activité cytotoxique contre les cellules HT-29 de carcinome colique humain. Le prétraitement avec les antioxydants NAC (N-acétylcystéine) et MnTMPyP (Mn(III)tétrakis-(1-méthyl-4-pyridyl)porphyrine) a réduit cette activité, suggérant que les espèces réactives de l’oxygène (ROS) participent à la mort des cellules cancéreuses induite par l’hirsutanone. En utilisant de la topo II humaine et une forme surenroulée d’ADN, il a été constaté que l’hirsutanone stabilise les complexes de clivage topo II-ADN, agissant comme un poison de la topo II.

CONCLUSION : Nos données suggèrent que, comme la curcumine, une induction du stress oxydatif et des dommages à l’ADN médiés par la topo II peuvent jouer un rôle dans la mort des cellules cancéreuses induite par l’hirsutanone. Puisque les deux composés partagent une structure et un profil cytotoxique similaires, et que la curcumine fait l’objet d’essais cliniques pour le traitement du cancer, nos résultats justifient des études supplémentaires pour évaluer le potentiel anticancéreux de l’hirsutanone.