Rôle du Vacha (Acorus calamus) dans les troubles neurologiques et métaboliques
Type d’étude : revue de synthèse (ethnopharmacologie, phytochimie, pharmacologie, données cliniques) Source : Journal of Clinical Medicine, 2020 — DOI 10.3390/jcm9041176 (PMC7230970)
Objet
Le Vacha (Acorus calamus Linn., Acoraceae) est une plante médicinale traditionnelle indienne employée contre un large éventail de troubles : neurologiques, gastro-intestinaux, respiratoires, métaboliques, rénaux et hépatiques. Cette revue rassemble les usages ethnomédicinaux, la phytochimie et le potentiel pharmacothérapeutique de la plante, et identifie les zones à explorer.
Phytochimie
À ce jour, 145 constituants ont été isolés : phénylpropanoïdes, sesquiterpénoïdes, monoterpènes, saponines, alcaloïdes, acides aminés et acides gras. Les composés considérés comme les plus actifs sont les phénylpropanoïdes — surtout l’α-asarone, la β-asarone et l’eugénol — et les sesquiterpénoïdes.
Activités rapportées (précliniques, in vitro et in vivo)
Les auteurs recensent des effets anticonvulsivant, antidépresseur, antihypertenseur, anti-inflammatoire, immunomodulateur, neuroprotecteur, cardioprotecteur, antidiabétique et anti-obésité, avec des mécanismes impliquant la voie GABAergique, la défense antioxydante (Nrf2), la modulation de NF-κB, l’inhibition de l’acétylcholinestérase et l’activation de l’AMPK. Les données cliniques existantes (monothérapie ou associations) portent surtout sur l’obésité, la dépression, la neuroprotection et le domaine cardiovasculaire, mais restent limitées.
Sécurité — β-asarone (à ne pas escamoter)
La revue rappelle que la β-asarone isolée d’A. calamus a été trouvée cancérogène et toxique dans des études animales, avec une DL50 orale de 1010 mg/kg (souris/rat). En 1974, la FDA américaine a interdit A. calamus en raison de ces effets cancérogènes ; l’étude fondatrice portait toutefois sur l’huile de calamus contenant environ 80 % de β-asarone, alors que les génotypes d’Europe et d’Inde en renferment des concentrations plus faibles. La composition chimique variant selon la région de culture, le contrôle qualité et la toxicité restent des enjeux réels.
Conclusion des auteurs
Des données précliniques et cliniques convergentes suggèrent un intérêt d’A. calamus comme adjuvant dans les troubles neurologiques et métaboliques, mais des essais cliniques multicentriques bien conçus et une standardisation des extraits sont nécessaires. Les preuves restent faibles pour l’hypertension et le diabète.