Résultats négatifs au test d’Ames pour l’acore indien (Acorus calamus) et la β-asarone

Type d’étude : étude de génotoxicité in vitro (test d’Ames, lignes directrices OCDE, bonnes pratiques de laboratoire) Source : Indian Journal of Pharmacology, 2025 — DOI 10.4103/ijp.ijp_391_24 (PMC12419574)

Contexte

En Inde, le rhizome de Vacha est traditionnellement considéré comme sûr et donné en très petite quantité aux nourrissons pour favoriser la parole et le développement cognitif. Toutefois, la β-asarone, l’un de ses constituants clés, a montré une génotoxicité potentielle dans certaines études in vitro anciennes, ce qui a suscité une inquiétude. Aucune étude n’avait porté spécifiquement sur l’A. calamus indien.

Méthode

Échantillons testés : β-asarone pure, poudre de rhizome séché, et extraits aqueux préparés en milieu acide (HCl 0,1 N, pH 1) et alcalin (NaOH, pH ~7,2–8) pour simuler le passage gastro-intestinal. Test d’Ames réalisé sous BPL à l’Indian Institute of Toxicology Research, sur cinq souches de Salmonella typhimurium (TA97a, TA98, TA100, TA102, TA1535), avec et sans activation métabolique (fraction S9 de foie de rat). Doses de 39,06 à 5000 µg/plaque. Témoins positifs et négatif appropriés.

Résultats — rassurants, mais à cadrer

Aucune réponse mutagène n’a été observée pour aucun des échantillons, sur les cinq souches, avec ou sans activation métabolique (±S9). Les témoins positifs ont bien augmenté le nombre de colonies révertantes, validant le système. À noter : la teneur en β-asarone chutait fortement dans les extraits en milieu acide ou alcalin (de ~12,7 % à 1,2 %, voire 0,1 %), la β-asarone étant instable et se dégradant dans ces conditions — ce qui rejoint le procédé de purification traditionnel (shodhana à la chaux).

Portée et limites (ne pas surinterpréter)

Le résultat est rassurant : dans ces conditions précises, ni le rhizome d’A. calamus indien ni la β-asarone n’ont montré de pouvoir mutagène au test d’Ames. Mais les auteurs eux-mêmes soulignent qu’il s’agit d’une seule étude, limitée au test d’Ames (mutagénicité bactérienne), qui ne remplace pas une évaluation complète. Ils recommandent explicitement des études complémentaires — toxicité chronique et cancérogénicité — pour confirmer la sécurité selon les formulations. Ce résultat n’annule donc pas les données animales de cancérogénicité à fortes doses rapportées ailleurs : ce n’est pas un feu vert général.