Airelle des marais — composés phénoliques et activité hypolipémiante in vitro

Source : Foods, 2024, 13(21):3438 (PMC11545093). Étude de caractérisation phytochimique et d’activité cellulaire in vitro. Fruits récoltés à Yichun (Heilongjiang, Chine), août 2023.

Objectif et méthode

L’étude décrit en détail les polyphénols d’Vaccinium uliginosum (VUP) et évalue leur activité hypolipémiante in vitro. Deux fractions ont été extraites : polyphénols libres (VUFP, extraction ultrasons + enzymes) et polyphénols liés (VUBP, extraction alcaline). Les composés ont été identifiés par UPLC-ESI-MS/MS. L’activité a été testée sur cellules hépatiques humaines HepG2 rendues stéatosiques par l’acide oléique (modèle de surcharge lipidique).

Résultats réels

Les polyphénols libres (VUFP) étaient nettement plus riches et plus actifs que les liés (VUBP) : taux de piégeage du radical DPPH de 87,32 % contre 10,02 %, et pouvoir antioxydant FRAP plus de 100 fois supérieur. Au total, 885 polyphénols et 47 anthocyanes ont été détectés ; 30 monomères d’anthocyanes sont signalés pour la première fois chez cette espèce. Les flavonoïdes et les acides phénoliques dominaient. Teneur totale en anthocyanes des VUFP : 3837,90 µg/g, dominée par la malvidine (55,16 %), suivie de la pétunidine (18,81 %) et de la delphinidine (16,22 %) ; la pélargonidine, minime (0,05 %), est rapportée pour la première fois chez l’espèce.

Sur les cellules HepG2, les concentrations de VUP jusqu’à 2 mg/mL n’étaient pas toxiques (1 ; 1,5 ; 2 mg/mL = doses faible, moyenne, forte). Comparé au modèle acide oléique, le VUP à forte concentration réduisait l’accumulation de gouttelettes lipidiques de 36,95 %, le cholestérol total de 65,82 % et les triglycérides de 62,43 %. Globalement, la réduction des lipides allait de 20,03 à 36,95 % (gouttelettes), 32,44 à 65,82 % (cholestérol) et 11,45 à 62,43 % (triglycérides). À noter : sur les triglycérides, la dose faible ne différait pas significativement du modèle. Le VUP atténuait aussi la hausse des transaminases AST et ALT (signe d’atteinte hépatique). Enfin, le VUP (doses moyenne et forte) réduisait l’expression du récepteur ASGR1, cible récemment identifiée du métabolisme lipidique ; la dose faible restait sans effet significatif.

Conclusion des auteurs

Les polyphénols d’airelle des marais montrent un potentiel hypolipémiant in vitro, possiblement via la voie ASGR1, hypothèse que les auteurs présentent comme à confirmer. Résultats obtenus uniquement sur cellules ; le lien précis entre polyphénols identifiés et effet reste indéterminé.