Airelle des marais — un extrait enrichi en anthocyanes améliore les signes du vieillissement cutané (photodommage UVB)
Source : Antioxidants, 2020, 9(9):844 (PMC7554747). Étude chez la souris sans poils (modèle de photovieillissement).
Objectif et méthode
Les auteurs évaluent l’effet photoprotecteur d’un extrait éthanolique d’Vaccinium uliginosum, riche en anthocyanes, administré par voie orale à des souris sans poils (SKH-1) irradiées aux UVB. Sept groupes de six souris : un groupe normal (NOR, non irradié), un groupe témoin irradié (CON) et des groupes traités à doses croissantes (EL, EM, EH = faible, moyenne, forte). L’extrait était donné oralement 5 jours/semaine ; les UVB étaient appliqués 3 fois/semaine, avec une dose croissante de 1 à 4 MED (dose totale 78 MED). On mesurait hydratation cutanée, perte insensible en eau (TEWL), érythème, épaisseur du pli et de l’épiderme, rides (répliques), collagène, expression de gènes (MMP, TIMP, COL1a1, antioxydants) et voies MAPK.
Résultats réels
Composition : polyphénols 44,37 µg/mg ; delphinidine-3-glucoside 572,14 µg/g (anthocyane majeure), cyanidine-3-glucoside 127,9 µg/g, malvidine-3-galactoside 53,62 µg/g. Bon pouvoir antioxydant (ABTS, DPPH, FRAP).
L’irradiation UVB dégradait tous les paramètres cutanés par rapport au groupe NOR. Le traitement améliorait la capacité de rétention d’eau (p < 0,05) ; la TEWL n’était significativement corrigée que pour la dose forte EH (p < 0,01). Aucun effet significatif sur l’érythème. L’épaisseur du pli cutané diminuait de façon dose-dépendante (EL, EM p < 0,05 ; EH p < 0,01). Pour les rides, seule la dose forte EH réduisait significativement tous les indicateurs (surface, nombre, profondeur, longueur) ; la dose moyenne agissait partiellement ; la dose faible EL était sans effet significatif. L’épaisseur de l’épiderme baissait dans tous les groupes traités, et la perte de fibres de collagène n’était contrée qu’à forte dose.
Au plan moléculaire : baisse de l’expression de MMP-2 et MMP-9, hausse de TIMP-1 et TIMP-2, du collagène COL1a1 et des gènes antioxydants (SOD1, CAT, GPx), baisse de la hyaluronidase. L’extrait réduisait aussi la phosphorylation de JNK, ERK et p38 (voie MAPK) et abaissait les cytokines inflammatoires IL-6 (p < 0,01), IL-12 (p < 0,05) et TNF-α (p < 0,05). Alimentation, boisson et poids ne différaient pas entre groupes.
Conclusion des auteurs
L’extrait oral d’airelle des marais riche en anthocyanes exerce un effet photoprotecteur contre le dommage UVB chez la souris sans poils, via l’inhibition des MMP et des cytokines pro-inflammatoires et le renforcement des défenses antioxydantes. L’effet est le plus net à forte dose. Résultat expérimental chez l’animal.