Stabilité de la protoanémonine dans les extraits végétaux d’Helleborus niger L. et de Pulsatilla vulgaris Mill.
Source : PMID 32497949 — DOI 10.1016/j.jpba.2020.113370 (Journal of Pharmaceutical and Biomedical Analysis, 2020, vol. 188, 113370). Type : article (abstract seul).
Objectif
Étudier, pour la première fois, les concentrations et la stabilité de la protoanémonine — constituant caractéristique des espèces de Renonculacées, doté de propriétés antimicrobiennes et fongicides — dans des extraits végétaux préparés à partir d’Helleborus niger L. et de Pulsatilla vulgaris Mill. par des procédés de production fermentaire.
Méthodes
Les teneurs en protoanémonine ont été quantifiées par analyse HPLC-DAD. La stabilité a été suivie dans des extraits aqueux fermentés stockés à 15 °C à l’obscurité, ainsi que dans des échantillons filtrés à 0,22 µm conservés en flacons, en évaluant notamment l’effet de la lumière et de la température.
Résultats
Les teneurs en protoanémonine quantifiées par HPLC-DAD étaient de 0,0345 et 0,0662 mg/g dans deux extraits d’Helleborus fraîchement préparés (plante entière en fleur) et de 0,3875 mg/g et 0,4193 mg/g dans les extraits de Pulsatilla (fleurs).
La protoanémonine s’est révélée plutôt instable dans les extraits aqueux fermentés stockés à 15 °C à l’obscurité, sa concentration diminuant rapidement au cours des 12 mois de stockage, indépendamment de l’espèce végétale. La baisse était la plus marquée lorsque les concentrations initiales étaient élevées (diminution d’environ 70 %). À l’inverse, les faibles teneurs en protoanémonine restaient stables en solution pendant plus de 12 mois.
L’anémonine, dimère de la protoanémonine, n’a été détectée en concentrations croissantes que dans les échantillons de Pulsatilla, mais sa concentration ne représentait que moins de 50 % de la quantité théoriquement attendue. Concernant les extraits fermentés, la diminution de la protoanémonine a été attribuée à la fois à des processus physiques (auto-polymérisation, adsorption/liaison à d’autres constituants de l’extrait) et à une biodégradation.
Contrairement aux extraits végétaux, les teneurs en protoanémonine et en anémonine ont diminué dans les échantillons filtrés à 0,22 µm conservés en flacons, ce qui peut s’expliquer par une libération réduite depuis le matériel végétal combinée à une dégradation physico-chimique. La réduction était la plus marquée sous exposition à la lumière et à des températures élevées, indiquant clairement l’implication d’une dégradation photochimique.
Les teneurs en protoanémonine d’un ensemble de lots d’extraits étaient de 0,0896 ± 0,0125 mg/g (Helleborus) et 0,0618 ± 0,0180 mg/g (Pulsatilla), et les teneurs en anémonine de 0,0230 ± 0,0076 mg/g et 0,0482 ± 0,0282 mg/g, respectivement.
Conclusion
En raison de ses effets antibiotiques mais aussi de sa réactivité, la protoanémonine est un constituant pertinent sur le plan thérapeutique et toxicologique, dont la concentration devrait par conséquent être soigneusement surveillée.